Thèse de doctorat

Etude de la variabilité spatiale de la biomasse herbacée, de la phénologie et de la structure de la végétation le long des toposéquences du bassin supérieur du fleuve Ouémé au Bénin

Ismaïla TOKO IMOROU (2008).

Doctorat unique de l’Université d’Abomey-Calavi


Les facteurs déterminant la variabilité spatiale de la biomasse herbacée, de la phénologie et de la structure de la végétation ont été étudiés dans le bassin supérieur du fleuve Ouémé au Centre du Bénin. Cinq sous bassins ont été choisis à l’intérieur desquels 53 placeaux (10 m x 10 m) de coupe de biomasse et 200 placeaux (30 m x 30 m) de relevés phytosociologiques ont été installés suivant la méthode des transects, afin de déterminer les groupements végétaux qui s’établissent dans ces sous bassins. L’ordination de l’ensemble des relevés par la Detrended Canonical Analysis (DCA) a permis d’identifier 8 groupements végétaux répartis suivant un gradient pédologique, topographique et anthropique. Au total, 467 espèces réparties en 287 genres et 86 familles ont été recensées. Les Leguminoseae (87 espèces) et les Poaceae (81 espèces) sont les familles les plus représentées. Par ailleurs, les phanérophytes (37 %) suivies des thérophytes (32 %) sont les types biologiques dominants. Les espèces soudano-zambéziennes (19 %), soudaniennes (16 %) et pantropicales (16 %) sont les types phytogéographiques dominants. Sur une superficie de 900 m2, la richesse spécifique varie de 12 espèces sur les pelouses sèches des inselbergs à 47 espèces sur les versants et les interfluves. L’indice de Shannon, l’équitabilité de Pielou et la surface terrière moyenne varient respectivement de 0,68 bits, 0,47 et 0,37 m2/ha sur les pelouses sèches des inselbergs à 3,92 bits, 0,89 et 28,28 m2/ha dans les galeries forestières. La densité des ligneux varie de 10 tiges/ha sur les pelouses sèches des inselbergs à 810 tiges/ha sur les versants et les interfluves. Le biovolume de la strate herbacée varie de 1319 m3/ha dans les jeunes jachères à 16180 m3/ha dans les dépressions marécageuses. La répartition des ligneux par classe de diamètre présente une structure en « J´´ couchée dans les formations naturelles alors que dans les jeunes jachères, elle présente une structure en cloche traduisant des difficultés de régénération. La biomasse varie de 0,40 t MS/ha en juin à 8,43 t MS/ha en novembre. Cette biomasse herbacée varie significativement selon la situation topographique, la texture et la profondeur du sol, les types biologiques, les types de formations végétales et les sous bassins. Par ailleurs, il existe un lien entre la variation de la biomasse herbacée et la profondeur du sol, l’intensité de drainage, le biovolume de la strate herbacée, la densité des ligneux de dbh ? 10 cm et le taux de couverture de la canopée. La croissance de la végétation herbacée a montré plusieurs phases d’évolution mensuelles. Elle a une allure en dents de scie avec des pics selon la situation topographique et selon les sous bassins. Ainsi, le pic de la production herbacée est atteint en octobre dans les sous bassins d’Aguimo et de Térou-Wannou puis en novembre dans les sous bassins de Soomi-Igbèrè et de Ouémé-Bétérou.

Mots clés : Biomasse herbacée, phytosociologie, bassin supérieur du fleuve Ouémé, Bénin