Thèse de doctorat

Cartographie et modélisation prédictive des changements spatio-temporels de la végétation dans la Commune de Djidja au Bénin : implications pour l’aménagement du territoire

Arouna Osséni (2012)

Doctorat unique Université d’Abomey-Calavi (Bénin)


La végétation de la Commune de Djidja qui a fait l’objet de cette étude subit de fortes pressions anthropiques. L’objectif visé est d’évaluer les changements spatio-temporels de la végétation et leurs implications dans l’aménagement du territoire. La cartographie de la végétation sur la base des données de la télédétection, la modélisation prédictive, la phytosociologie et l’analyse des perceptions ont été les principales méthodes utilisées. La cartographie des changements spatio-temporels de la végétation a révélé que la superficie des formations végétales naturelles est passée de 82,27 % en 1974 à 41,50 % en 2010 au profit des champs et des jachères dont la superficie est passée de 8,77 % à 53,17 %. Entre ces deux dates, les forêts denses sèches ont complètement disparu en se convertissant en d’autres unités d’occupation du sol. Les formations végétales résiduelles sont constituées de forêts galeries, de forêts claires, de savanes boisées, de savanes arborées et arbustives qui occupent respectivement 1,69 %, 4,85 % et 35,50 % du territoire communal en 2010. La classification hiérarchique des relevés phytosociologiques sur la base de la présence-absence des espèces a permis d’individualiser 5 groupements végétaux. La caractérisation de la structure de la végétation à travers ces groupements végétaux a montré la prédominance des ligneux de petit diamètre. Les familles les plus représentées sont les Leguminosae et les Poaceae. Les phanérophytes et les thérophytes sont les plus représentées alors que sur le plan chorologique, ce sont les espèces soudaniennes et les espèces pantropicales qui sont les plus représentées. L’indice de diversité de Shannon varie de 2,09 ± 0,9 bits dans les formations postculturales à Daniellia oliveri et Tephrosia bacteolata à 3,72 ± 0,47 bits dans le groupement à Pterocarpus erinaceus et à Aframomum alboviolaceum des forêts claires. La densité des ligneux de dbh ? 10 cm varie de 89 individus/ha dans les formations postculturales à Daniellia oliveri et Tephrosia bacteolata à 577 individus/ha dans le groupement à Pterocarpus erinaceus et à Aframomum alboviolaceum des forêts claires. Quant à la surface terrière, elle varie de 3,88 m2/ha dans les formations postculturales à Daniellia oliveri et Tephrosia bacteolata à 32,66 m2/ha dans le groupement à Pterocarpus santalinoides et à Phaulopsis barteri des forêts galeries. L’agriculture, l’exploitation forestière, la carbonisation et dans une moindre mesure l’élevage et la chasse ont été perçues par les populations locales comme les déterminants de dégradation de la végétation qui sont impulsés par la croissance démographique, l’arrivée des migrants, l’inefficacité des textes forestiers et des politiques agricoles, le régime foncier, l’urbanisation et les changements climatiques. La modélisation prédictive de la végétation basée sur l’hypothèse que les pratiques actuelles de l’exploitation des ressources naturelles seront maintenues présage que les mosaïques de champs et de jachères occuperont environ 60 % du territoire communal suivies par les savanes arborées et arbustives qui couvriront 30 % à l’horizon 2020. Les forêts galeries, les forêts claires et les savanes boisées seront représentées sous forme de petits îlots et occuperont moins de 3 % du territoire communal. Un modèle de planification et de gestion spatiales a été conçu dans le but d’inverser la tendance régressive des formations végétales dans le cadre général de l’aménagement du territoire.
Mots-clés : Végétation, changements spatio-temporels, modèle prédictif, aménagement du territoire, Djidja, Bénin